PIERRE-YVES BOHM

"L’Inquiétante Étrangeté"
   Exposition du vendredi 12 février au lundi 5 avril 2021 inclus.

"Je n’ai jamais eu la volonté de représenter des choses mais plutôt des chemins qui conduisent à telle ou telle sensation ; je n’envisage jamais aucune représentation de quelque chose de réel bien que parfois j’aie pu en avoir le désir."(P-Y. BOHM)

Pierre-Yves Bohm est né à Ronq (Nord) en 1951, dans un milieu « assez modeste ». Il interrompt ses études au lycée pour entrer à l’ERSEP où il anime aujourd’hui un cours et un atelier d’ « expérimentations plastiques ». Il a commencé par créer des assemblages de bois qu'il peignait pour passer progressivement à la toile peinte. Homme du Nord, ami d’Eugène Leroy avec lequel il parlait de lumière, il s’est vu consacrer une grande exposition en 2009 au musée des Beaux-Arts de Tourcoing. Il vit et travaille à Roubaix et en Bourgogne.

Chero Lirhta (Lumière fantôme en langue Rom, 2016, huile sur toile,
116 x 90 cm, Courtesy Galerie Bruno Mory

«C’était au départ un portrait classique, un visage qui comportait des traits, un visage féminin. Je n’étais pas content de cette toile ; pendant longtemps je ne l’ai pas aimée et j’avais commencé à presque la détruire. Je l’ai redécouverte longtemps après, voyant, en passant auprès, sa lumière jaune sur un fond rouge et j’ai dit : « Elle existe ». Elle existe comme une icône».

Pierre-Yves Bohm nous offre une œuvre singulière et complexe, engagée artistiquement et politiquement.

«Je rejette toute conception ou lecture de ma peinture qui l’enfermerait dans un cadre trop rigide ou une appartenance à une conception de l’art qui serait limitée.» 

Il éprouve « beaucoup d’insatisfaction par rapport au fonctionnement du monde », comme il le dit avec

pudeur. Il dénonce la violence des rapports humains, mais sans imposer ses idées :

«Moi je préfère mettre en interrogation que d’imposer une idéologie ».

Tête brûlée (diptyque 1), 1995, dessin brûlé, 75 x 75 cm.

Courtesy Galerie Bruno Mory

La figuration est une étape importante pour lui.

«Je ne suis pas assez intellectuel ou cérébral pour faire de l’abstraction pure. Je me sens obligé de partir de personnages, de visages…et de me raconter une histoire ». 

 

Tête brûlée (diptyque 2, 1995, dessin brûlé, 75 x 65 cm.

Courtesy Galerie Bruno Mory

Une figure centrale pouvant évoquer une tête, un crâne, un personnage qui semble flotter ou danser sur la toile, se détache d’un fond très travaillé, parfois éclairé de taches colorées.; Au sein de ces formes, on découvre tout un monde miniature foisonnant, souvent inquiétant. La mort et la souffrance sont des thèmes récurrents.

«J’ai envie de vous montrer des choses qui sont longues à regarder, qui sont longues à réaliser, face à la vitesse, c’est une attitude politique ».

Et il faut du temps pour regarder ses œuvres. « Il y a comme une espèce de leurre. S’ils prennent le temps de regarder, les spectateurs vont se rendre compte que ça parle d’autre chose.  »

Sans titre, 2011, huile sur toile, 195 x 130 cm

Courtesy Galerie Bruno Mory

« Peinture Kacht », septembre 2016, huile sur toile, 146 x 97 cm

Courtesy Galerie Bruno Mory

 

« Comme je refuse le mensonge de la toile et de la peinture se résumant à sa seule face visible, je veux que ma peinture soit entière. »

La technique aussi est complexe :Il découpe, colle, brode, enferme dans des entrelacs perlés, coud des fragments de tissus tels « des espèces de linceuls », laissant des cicatrices sur la toile, il la perfore de façon à faire jaillir la peinture de derrière la toile :

«  Ce que je cherche à voir, c’est la couleur qui suinte ou qui perle comme de la sueur de couleur et qui fait vraiment partie de la toile, qui est derrière, qui traverse puis qui passe devant, comme si elle transpirait de la couleur, d’une couleur qui n’est peut-être pas visible frontalement ! Cela demande du temps pour être perçu, on peut ne pas voir la couleur. »

Sans titre, 2011, huile sur toile, 195 x 130 cm.

Courtesy Galerie Bruno Mory

« Dans la création, ce qu’il y a de merveilleux, c’est qu’on n’est sûr de rien »

Il renouvelle sans cesse profondément sa technique. . Le propos sombre, inquiétant, contraste avec l’éclat lumineux des couleurs. Des titres non traduits, empruntés à un dialecte tzigane provenant de Bohème, renforcent l’impression d’étrangeté.

“Je suis pour que l’on puisse avoir une interprétation physique de mes œuvres, qu’elles ouvrent à un plaisir physique.”

Visage au poing, Septembre 2016, huile sur toile,120 x 120 cm.  Photo Rebecca Fanuele. .Courtesy Galerie Bruno Mory

Centre d’Arts Plastiques de Royan – Direction : Jean-Pascal Léger

Espace d’art contemporain des Voûtes du Port, 19, quai Amiral Meyer, 17200 Royan

En hiver, ouvert du mardi au dimanche de 15 h à 18h - 05 46 39 20 52 et 06 76 75 43 47

Courriel : royan.cap@gmail.com

Correspondance à Jean-Pascal Léger, 1, avenue Fayolle, 94300 Vincennes