PIERRE TAL COAT

"Tal-Coat a dit un jour qu'il aurait pu , comme un homme simple ou comme un sage taoïste, vivre "les pieds nus dans le sable, à regarder voler les oiseaux". Le vol des oiseaux est le motif, au sens exact du mot , porteur de mouvement, qui l'obsède le plus par son surgissement, sa concentration d'énergie, le défi qu'il lance à sa représentation, hors des normes courantes. Il a peint et dessiné le sillage noir et blanc de plusieurs espèces d'oiseaux. En 1975, il voit planer au-dessus du Léman le couple inattendu de goélands dont il a su capter l'envergure, la vitesse, lente ou rapide, et l'air qu'ils traversent, en ses lavis saisissants. Il s'est beaucoup penché sur le sol et ses stratifications sous-jacentes, mais le vol des oiseaux, les messagers célestes, est l'emblème de son essor spirituel, de l'espace mobile et tournant dont il s'est fait le créateur singulier".

Jean Leymarie,

Tal-Coat

Envol, 1974, © Succession Tal Coat

"Comment faire pour faire un vol et un vol multiple? Comment perçoit-on un vol? Vous percevez le vol, vous ne percevez plus le paysage. Si vous fixez l'oiseau, cette perception ponctuelle implique un effacement. Si vous voyez l'oiseau, vous ne voyez plus l'arbre. Vous ne pouvez pas peindre un paysage et peindre un oiseau volant. Il faut choisir. Ou vous immobilisez l'oiseau et le paysage. Or l'oiseau est mobilité, le paysage aussi - puisque c'est lumière".

Pierre Tal Coat, entretiens avec Edmond Quinche

Pierre Jacob est né le 12 décembre 1905 à Clohars-Carnoët, dans le sud du Finistère, d'un père marin-pêcheur, tué à la guerre en 1915, et d'une mère paysanne. Il apprend le métier de forgeron et commence à dessiner et modeler la terre glaise. Devenu peintre céramiste à la faïencerie de Quimper, il fréquente les artistes installés dans la région.

En 1924 il vient à Paris. En 1927, il prend le nom de Tal Coat ("front de bois" en breton) lors de sa première exposition à la galerie Fabre qui a un grand succès. Il entreprend ses recherches sur la technique picturale, les supports, les liants et les pigments.

La Bretagne et les éléments naturels vont tenir une place importante dans son oeuvre: "le contexte gaélique, la pierre et la forêt, l'âme celte" constituent les racines de son inspiration.

Les années 40, après sa démobilisation, l'amènent dans la région d'Aix-en-Provence. Dans les années 50, il s'éloigne de la figuration.

Doëlan, la région parisienne, la Provence, Dormont, la Suisse seront ses principaux ports d'attache. Il décède le 11 juin 1985. 

Lire l'excellente "biographie par Florian Rodari" dans le catalogue du BAM.

Aquarelle et feutre, 11,5x18,5 cm, 1945, non signée,
© Succession Tal Coat.
Aquarelle et feutre, 11,5 x 18,5 cm, 1945, non signée 
© Succession Tal Coat.
Vol d'oiseaux passant par un reflet, 1961-1962, huile sur toile, 122 cm x196 cm, collection Sylvie Balthazart-Eon,
photo Augustin de Valence. © Succession Tal Coat.

Bibliographie sommaire

 

Tal Coat, lavis et aquarelles, textes de Jean-Claude Schneider, Jean-Pascal Léger,et Jean-Pierre Greff, musée Matisse, Le Cateau-Cambrésis, 1991.

Tal Coat, Jean Leymarie, Skira, Genève, 1992.

Tal Coat, devant l’image, Genève, musées de Genève, Colmar, Antibes, Winterthur, Valence (ES) 1997-98.

L'immobilité battante, Editions Clivages, Paris 2007

Pierre Tal Coat, peintures et dessins 1946 - 1985, BAM - Beaux-Arts Mons, Belgique, 20 mars - 17 juillet 2011

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